Don’t die, you’ve got a great bum

Blork m’a fait découvrir hier soir l’excellente entrevue que George Stroumboulopoulos a fait avec June Callwood dans le cadre de l’émission The Hour à la CBC. Callwood, que je ne connaissais pas, à ma grande honte, est une pionnière canadienne dans le monde du journalisme et de l’activisme. Quelle femme et quelle attitude inspirante! De quoi jeter par terre et remettre les priorités à la bonne place. Elle a 82 ans, est en phase terminale d’un cancer et elle est très consciente qu’il s’agit de la dernière entrevue qu’elle va accorder. Stroumboulopoulos y va de questions directes sur des sujets très personnels comme l’intimité du couple à la vieillesse et l’attitude face à la mort, et l’ex journaliste lui répond du tac au tac, avec une lucidité, un humour et une énergie qui viennent vous toucher droit au coeur. Elle décrit sa relation avec l’homme qui partage sa vie depuis 63 ans et qui, au contraire d’elle, semble être en déni face à la mort imminente de sa femme. “Don’t die”, qu’il lui a dit, “you’ve got a great bum”. Ça ne disait rien et ça voulait tout dire.

Il faut voir son visage quand elle répond “qu’il n’y a rien après, et que c’est la vie qui cesse, tout simplement”. Pas de faux-semblant, pas de sentimentalisme, juste une intelligence vive et une chaleur humaine sur lesquelles le temps ne semble pas avoir eu d’emprise. Si on pouvait tous vieillir comme ça…

Bref, un moment de télé puissant, une pause d’une dizaine de minutes qu’il vaut la peine de prendre dans votre journée, question de véritablement arrêter le temps.

Je suis allée fouiner du côté des archives de la CBC afin d’en apprendre un peu plus sur cette femme, et je suis tombée sur un petit bijou d’entrevue datant de 1979 qui m’a particulièrement touchée. Ça concerne son travail de ghostwriter:

If you pick up Barbara Walters’ autobiography, you’ll actually be reading the words of June Callwood. One of Canada’s best-known writers is also a ghostwriter, a person who writes autobiographies for others without public recognition. Callwood has ghosted close to 10 autobiographies for such prominent Americans as broadcaster Barbara Walters, film director Otto Preminger and Dr. Charles Mayo. When host Patrick Watson asks Callwood if it’s hard not being credited for her work, she replies: “No. I write better than that.”

Heh heh…

Published by Martine

Screenwriter / scénariste-conceptrice

9 replies on “Don’t die, you’ve got a great bum”

  1. Pendant toutes mes années de journalisme, June Callwood a été une de mes idoles, sans doute parce que, comme moi, elle privilégiait l’activisme social malgré son métier. J’ai eu la chance de l’interviewer pour le défunt Perspectives de La Presse et, au delà des courts 6 feuillets résultants en leur publication, j’ai encore un vif souvenir de 4 heures lumineuses en sa compagnie. Je me souviens aussi, dans le cadre de Hour (quelle géniale émissions d’affaires humaines plutôt que publiques) d’une entrevue qu’elle avait donné, en faveur du suicide assisté. C’était il y a deux ans. Merci de me l’avoir rappelée.

  2. J’ai vu la reprise à CBC-Newsworld hier soir. Une grande dame, un excellente moment de télé. Moi qui ai déjà un parti pris pour Georges, j’ai adoré cette entrevue. À quand un concept semblable sur RDI?

  3. The Hour with George Strombouloupoulos (spelling?) is running her final interview (may God rest her) tonight [Wednesday, April 18th, 23h] again on the show, due to popular demand.

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