Jeux de patience

Vous aimez les jeux de patience? La production cinématographique est peut-être pour vous!

On est parfois surpris dans mon entourage d’apprendre que certains projets sur lesquels je travaille depuis plusieurs années sont encore coincés au stade du développement. “T’es encore là-dessus?” “C’est pas mort, ce projet là?” “Cou donc, ça fait combien de versions que tu écris?”

La plupart du temps, c’est à l’étape du financement que ça bloque. Beaucoup d’aspirants, peu d’élus. Notre structure de financement gouvernementale engorge encore davantage l’entonnoir, mais il n’est pas rare d’entendre parler de gros projets de films américains qui ont mis des années avant de voir le jour.

Pour mieux comprendre pourquoi il peut se passer 20 ans entre l’idée donnant naissance à un projet de film et la première journée de tournage, je vous suggère deux articles:

1. La Presse s’est servi du film Grande Ourse pour illustrer le long parcours d’un scénario québécois à la recherche de financement: Patience, on tourne! Au moins le film a obtenu du financement! Il y a bien des projets qui mettent autant de temps à être évalués sans pour autant connaître une fin heureuse. (Vous savez de quoi je parle…)

2. L’article The Whole Milk, du San Francisco Magazine, décrit la route cahoteuse empruntée par l’excellent film Milk mettant en vedette Sean Penn.

De mon côté, je continue à attendre des réponses… Heureusement qu’il y a le blogue pour me permettre, à l’occasion, de voir mes mots (et mes maux) apparaître instantanément!

Published by Martine

Screenwriter / scénariste-conceptrice

5 replies on “Jeux de patience”

  1. Et que dire des séries télé qui meurent dans l’oeuf ou qui ont une fin plus heureuse et se retrouvent au petit écran des années plus tard. C’est ce qui nous montre qu’il ne faut surtout pas abandonner au 1er, 2e, 3e NON!

  2. Patience, oh que oui!

    J’ajouterais qu’on oublie trop souvent le côté “travail”… Quand on a une production, c’est qu’on l’a “travaillée” en ta’!

    Ça veut dire aussi qu’on a appris notre métier, qu’on a remis cent fois l’ouvrage dessus, qu’on s’est humblement rendu compte qu’on est une partie de l’équation, importante oui, mais une partie seulement.

    Ce qui m’agace, ce sont les “jeunes” scénaristes qui sont persuadés que parce qu’ils ont fait un bon pitch, ils sont prêts à aller en production sans avoir quoi que ce soit à apprendre.

    Ben… Non.

  3. @Maryse: Faut pas abandonner nécessairement, en effet, mais faut souvent revoir le texte. Et le revoir. Et le revoir encore.

    @Geneviève: Bien pitcher et bien écrire: deux arts différents, en effet! Ceux qui sont bons pour un ne sont pas souvent bons pour l’autre, malheureusement.

    @Patrick: Élue? Pour AVMP, non, les deux films n’ont pas fait la sélection des gouvernements. Ils ont été financés au privé. (La Sodec a donné des sous après coup, pour aider à couvrir une partie de la post-production.)

    Par contre j’ai eu des sous de manière indépendante dans le cadre du programme d’aide aux scénaristes de Téléfilm Canada. C’est à ça que tu faisais référence?

  4. Patrick, là, il faut que je seconde Martine!

    Elle a pas été “élue” – elle a travaillé et je la connais, elle travaille en chien! Sans compter le talent, évidemment.

    Mais le talent tout seul, c’est pas assez.

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