Le bruit des choses vivantes

Deux fenêtres

Les bruits que tu génères dans la cuisine quand tu prépares un repas. Les chaudrons qui s’entrechoquent. Le frétillement du beurre dans le poêlon. Les gargouillements du vin que tu verses dans une coupe. Le son de tes pas prudents qui montent l’escalier pour m’apporter le vin alors que je travaille un peu plus tard que d’habitude.

L’écho de ton silence blessé mais avisé, quand mon ton s’élève en même temps que s’échauffe le côté latin de ma culture. Ton rire ravi quand je te lance une blague de mauvais goût. Le ton un peu plus aigu, pressé, que prend ta voix quand tu veux poursuivre l’histoire que tu racontes et que tu veux t’assurer que je n’arrêterai pas de t’écouter. Le tintamarre enlevant de nos conversations qui ne suivent jamais la même partition.

Le bruit sec d’un baiser rapide suivi de celui d’un au revoir lancé à  la course. Les vibrations créées par la porte qui se referme puis la clé qui fait claquer la serrure qu’il faudra bientôt remplacer.

Le ronronnement du frigo (qu’il faudra aussi bientôt remplacer). Les pas feutrés du chat qui aurait bien voulu te suivre à l’extérieur. Puis plus rien.

Sauf le silence regénérateur de la solitude temporaire.

En écho au billet de Marie-Josée qui s’inspire de la série “Dix minutes, pas une de plus” démarrée par Clément.

Le titre de ce billet est emprunté à un très beau roman d’Élise Turcotte.

Published by Martine

Screenwriter / scénariste-conceptrice

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