{"id":97,"date":"2003-01-14T00:36:40","date_gmt":"2003-01-14T05:36:40","guid":{"rendered":"http:\/\/martinepage.com\/wp\/2003\/01\/14\/90181048\/"},"modified":"2003-01-14T00:36:40","modified_gmt":"2003-01-14T05:36:40","slug":"90181048","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.martinepage.com\/blog\/2003\/01\/14\/90181048\/","title":{"rendered":"90181048"},"content":{"rendered":"<p><img SRC=\"http:\/\/www.martinepage.com\/blog\/images\/bebe40ans.jpg\" align=\"left\" width=\"191\" height=\"204\" ALT=\"Maryse et Martine se bercent avec difficult\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd. On ne fitte plus dans une seule chaise maintenant!\"><br \/>\nDifficile de le croire, mais la jolie blonde apeur\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde qui tient avec beaucoup de difficult\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd ce b\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdb\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd hurlant a aujourd&rsquo;hui 40 ans.<\/p>\n<p>Le b\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdb\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd qui ne tient pas en place, c&rsquo;est moi, et la jolie blonde qui tente de m&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdviter une chute douloureuse, c&rsquo;est ma grande soeur, Maryse. Nous sommes les deux derni\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdres d&rsquo;une famille de quatre enfants. Mes parents se sont mari\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bds en 1949 et neuf mois plus tard, \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd l&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdge de vingt ans, ma m\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre accouchait de mon fr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre Pierre. Deux ans plus tard, en 1952, ma soeur C\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdline se pointait, pour emmerder un peu mon fr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre. Mes parents, leurs deux enfants et mes grands-parents maternels, vivaient dans un cinq et demi dans la basse-ville de Qu\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdbec, juste <a href=\"http:\/\/www.martinepage.com\/blog\/images\/epicerie_poulin.jpg\">au-dessus d&rsquo;une \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdpicerie<\/a> (l&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdpicerie Poulin, coin B\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bddard et avenue Parent, pour ceux qui connaissent).<\/p>\n<p>En 1963, neuf mois apr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bds la mort de notre dernier grand-parent, ma soeur Maryse naissait. Le folklore familial raconte que mes parents, enfin &laquo; seuls &raquo; dans leur  petit appartement, vivaient alors une seconde lune de miel, et ce beau b\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdb\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd blond \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait le fruit de leur rapprochement. Un peu moins de quatre ans plus tard, j&rsquo;arrivais dans le portrait pour leur enlever encore un peu d&rsquo;espace.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait pas bien grave. Ma soeur Maryse et moi \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtions comme un seul enfant et prenions ainsi tr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bds peu de place. Partout o\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd elle allait je la suivais, l&#8217;emmerdant ainsi jusqu&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd l&rsquo;adolescence, mais sans vraiment l&rsquo;entendre se plaindre de ma pr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdsence. J&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtais aussi brune qu&rsquo;elle \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait blonde et ma peau basan\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait un tel contraste avec son teint de lait que tout le monde y allait de son petit commentaire. Elle \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait une des plus grandes de sa classe et moi la plus petite. Deux soeurs on ne peut plus diff\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdrentes mais qu&rsquo;on ne pouvait s\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdparer. Elle me tol\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdrait, me prot\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdgeait, m&rsquo;encourageait mais elle me torturait aussi, me faisant croire \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd plusieurs reprises qu&rsquo;elle \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait atteinte d&rsquo;une maladie mortelle mais que personne dans la famille sauf elle n&rsquo;osait m&rsquo;en parler. Je pleurais silencieusement dans mon lit, juste \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd c\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdt\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd du sien, ne pouvant imaginer ma vie sans elle.<\/p>\n<p>Nous avons pourtant \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdt\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd s\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdpar\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdes pendant huit ans, alors que je suis partie vivre \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd San Francisco. Huit ann\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdes de correspondances et de coups de fil pendant lesquels elle a tent\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd plusieurs reprises de me convaincre de revenir. Puis en 1996 notre m\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre est d\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdc\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdd\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde subitement, alors que Maryse allait accoucher dans quelques jours de son premier enfant. J&rsquo;ai pris le premier avion au petit matin pour rejoindre ma famille \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd Qu\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdbec. Au t\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdl\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdphone avec Maryse rest\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd Montr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdal (elle pouvait accoucher d&rsquo;une minute \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd l&rsquo;autre), j&rsquo;ai d\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdcrit dans leurs moindres d\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtails les fun\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdrailles de notre m\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre, lui permettant ainsi d&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtre l\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd elle aussi. Puis je suis all\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde la rejoindre \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd Montr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdal pour la naissance de mon neveu, un accouchement difficile qui a prolong\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd son s\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdjour \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd l&rsquo;h\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdpital. Le retour en Californie fut particuli\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdrement p\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdnible cette fois-l\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd. Mais qu&rsquo;est-ce que je faisais si loin des miens, si loin d&rsquo;elle?<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, alors qu&rsquo;elle \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdtait enceinte de son deuxi\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdme fils, je d\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdcidais de rentrer au pays.<\/p>\n<p>Personne ne partage notre vie comme une soeur ou un fr\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre proche. Pas m\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdme un parent, pas m\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdme un conjoint ou un meilleur ami. Quand je l&rsquo;entends parler et que je reconnais ma propre voix, quand je la regarde et que sa bouche se courbe exactement de la m\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdme mani\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdre que la mienne, je suis fascin\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde. Fascin\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde et \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdmerveill\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd la fois par ces g\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdnes que nous partageons, par cette affection qui bouge et prend de multiples formes, par ce profond attachement que je ne saurai jamais parfaitement saisir dans toute sa complexit\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd. Ma soeur, ma gardienne, mon miroir aussi. Mon amie.<\/p>\n<p>Bonne f\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdte, Maryzou! C&rsquo;est \u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd mon tour de te faire brailler!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Difficile de le croire, mais la jolie blonde apeur\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bde qui tient avec beaucoup de difficult\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd ce b\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdb\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd hurlant a aujourd&rsquo;hui 40 ans. Le b\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdb\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bd qui ne tient pas en place, c&rsquo;est moi, et la jolie blonde qui tente de m&rsquo;\u00c3\u00af\u00c2\u00bf\u00c2\u00bdviter une chute douloureuse, c&rsquo;est ma grande soeur, Maryse. 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