Double your pleasure

I rented the movie Junebug this weekend and really enjoyed it. I have to admit though that it’s my kind of film: indie feel, character based, great dialogue and a subject that looks « small » but that manages to surprise me in the way it’s treated. There was much said about the performance of Amy Adams – who was nominated for an Academy Award earlier this month. It is correct to say that her acting makes the movie worth watching – she truly is amazing – but it wouldn’t be doing justice to this great first feature and all the other good actors in it.

As I always do after I watch a movie, I spent some time online reading about the production and the artists behind it. I found a really interesting interview with the director, Phil Morrison. This passage in particular grabbed my attention because it showed an unusual vision from a filmmaker:

I always wanted you to know that you’re watching a movie. That this story was a product of these people making the movie, hoping to convey something about what people are like. To me, the idea that a movie is better if you forget that it’s a movie, that’s not my idea. I’m not into that. I don’t share that opinion. I think there’s a lot of good movies that are that way, but I think watching something and being moved by it while with the simultaneous awareness that it’s happening is a real kind of transcendent experience. And it’s one that’s really exciting to me. My very favorite movies that I’m moved by, I can’t say that « Oh, I got so lost in them that I forgot I was watching a movie. » No. I am constantly thrilled that this was a movie.

I think you can get caught up in an experience and it can become almost a spiritual experience. But I don’t ever say « I was so caught up in church, I forgot I was in church », or « that painting was so beautiful that I forgot it was a painting. » I don’t have that experience. I’m thrilled by the fact that another human being created that painting, and that’s moving to me.

I understand what he’s talking about. Sometimes I sit through an entire movie with a big grin on my face, even when the movie is telling a sad story! I’m just so thrilled by the craftsmanship that I can’t help smiling. It’s a fantastic experience when I can be moved by the emotions triggered by the story AND at the same time be moved by the fact that I am watching something really, really well put together.

I wasn’t the only one feeling that way about Junebug. My beau was so excited that he kept talking during the movie, pointing great elements to my attention, an attitude that was forcing me to press the pause button. We had to agree to wait until the movie was over to talk about it. ;-)

Du coq � l’�ne, en passant par le lapin

Je viens de terminer les r�visions d’un sc�nario que nous devons d�poser dans quelques jours pour une demande de financement. �a fait des semaines que j’y travaille intensivement.

Je suis � la fois survolt�e et fatigu�e, ce qui explique peut-�tre pourquoi j’ai trouv� tr�s dr�le cette sc�ne de la t�l�s�rie « 24 » reconstitut�e � l’aide de marionnettes. Je ne verrai plus jamais Chlo� de la m�me mani�re…

L’id�e n’est pas mauvaise. Y’a quelqu’un qui pourrait me pr�ter des marionnettes pour que je v�rifie si les dialogues de mon sc�nario fonctionnent bien?

Deux mondes

J�ai eu l�occasion cette semaine de parler de mes activit�s de blogueuse avec des gens du milieu du cin�ma et de la t�l� avec qui je travaille et � qui je n’avais jamais fait part de cet aspect de mon quotidien. Il faut pr�ciser que les gens de cette industrie sont incroyablement peu familiers avec le Web. Il est souvent tr�s complexe de communiquer avec eux par courrier �lectronique et les courriels qu’on leur envoie, si importants soient-ils, sont souvent ignor�s. Le t�l�phone r�gne encore en roi et ma�tre pour eux. Soit dit en passant, mon domaine professionnel n’est pas le seul dans sa lenteur � adopter les outils du Web.

La r�action des gens � qui j�ai parl� de mon blogue a �t� r�v�latrice. �Tu �cris �a depuis 4 ans?! � � Tu fr�quentes d�autres blogueurs? � � Tu donnes des entrevues sur le sujet? �. On m�a regard�e diff�remment pendant un moment, comme si on venait d�apprendre que malgr� mon air sain, j��tais atteinte d�une maladie s�rieuse mais sans sympt�me apparent. Puis on est vite pass� � autre chose, parce que les blogues, c�est une autre r�alit� et que ce n�est pas celle qui compte dans la vie de tous les jours� n�est-ce pas?

Ah, le choc des cultures! Il s�est pr�sent� de nouveau suite � un reportage sur les blogues diffus� � l��mission Le Point de Radio-Canada. Ironie des temps, j�ai tellement d�laiss� la t�l� comme source d�information que c�est par un blogue que j�ai appris ce matin l�existence de ce reportage. Plusieurs blogueurs sont d��us du traitement accord� au sujet par l��quipe de Radio-Canada. Personnellement, je crois que le reportage n��tait pas mauvais, m�me s�il s�est concentr� sur des aspects plus am�ricains et tape-�-l��il (vid�o, audio) du ph�nom�ne. J’ai certains doutes sur l’�tendue des connaissances de Michel Vastel � propos du monde des blogues politiques – du moins je ne suis pas d’accord avec ses affirmations sur l’�ge des blogueurs au Qu�bec. Je n�ai pas non plus appr�ci� la conclusion du reportage, cette question ouverte qui est vide et ridicule si on ne tente pas d�y r�pondre : � C�est �videmment un monde plus transparent. Mais est-ce n�cessairement un monde meilleur? � Hein?

Ce qui frappe toujours, apr�s ces reportages, ce sont les deux mondes qui semblent s�parer les journalistes des blogueurs. Je crois que c�est le choc de cette s�paration qui nous fait r�agir (nous = les blogueurs) avec autant de passion et une certaine virulence � chaque fois qu�un journaliste se permet de parler des blogues. � force de se parler entre initi�s, nous en oublions parfois que la majeure partie de la population fr�quente le Web � tr�s petites doses et n�a aucune id�e des r�seaux dans lesquels nous �voluons au quotidien.

Cette dichotomie est encore plus apparente chez les journalistes et chroniqueurs des m�dias traditionnels qui font le saut vers les blogues. Prenez Patrick Lagac� ou Jos�e Blanchette, par exemple. Leur lectorat Web semble principalement constitu� de gens peu familiers avec le Web et qui y sont attir�s pour la premi�re fois par leur chroniqueur pr�f�r� (ou d�test�!).

C�est l�oppos� qui se passe chez la plupart des blogueurs qui ne sont pas des �c�l�brit�s �. Mes lecteurs, par exemple, sont pour la plupart des blogueurs ou du moins des gens tr�s familiers avec le Web. Ils ont int�gr� un certain sens de la n�tiquette et des conversations int�ressantes et remplies d�informations suppl�mentaires se d�veloppent souvent en parall�le aux billets.

C�est rarement le cas sur les blogues des journalistes connus o� les lecteurs s�engueulent dans des conversations d�un niveau tellement primaire qu�on se croirait de retour dans la cour d’�cole. Cette ambiance chasse les blogueurs et autres internautes plus aguerris qui vont se r�fugier dans leurs cercles d�initi�s, l� o� il fait bon parler entre nous. Les blogues des journalistes de la t�l� et des grands quotidiens ne sont pas fr�quent�s par ceux qui pourraient y g�n�rer une valeur ajout�e, bas�e sur une v�ritable interactivit�. Cons�quence: les journalistes se lassent vite et/ou finissent par condamner le ph�nom�ne.

L�infatiguable Patrick Lagac� – qui n�est pas n�cessairement le plus familier des journalistes d�ici avec la blogosph�re mais qui a un excellent instinct pour la chose et qui blogue avec une fra�cheur qu�on a rarement vue chez ses confr�res – rapportait justement le probl�me sur son blogue cette semaine:

� �coutez, je suis journaliste, pas pr�fet de discipline, j’ai pas envie de jouer � l’arbitre ou � la ma�tresse d’�cole. Ce blogue est un succ�s, si j’en juge par la fr�quentation, par le nombre de commentaires. Mais si je veux que �a reste un succ�s, si je veux que d’autres blogueurs viennent fureter ici, si je veux �viter que les forums ne deviennent un freak-show o� on s’envoie promener, je vais devoir jouer un peu � la ma�tresse d’�cole. �

Patrick semble avoir bien compris qu�un blogue de journaliste qui �volue dans l�isolement du reste de la blogosph�re est destin� � une courte existence. Et il a selon moi tout � fait raison. Je ne sous-entends pas que les blogueurs aguerris devraient former un comit� de s�lection ou qu�ils devraient �tre les seuls � pouvoir juger de la qualit� d�un blogue. Je ne crois pas avoir cette attitude �litiste. Je dis simplement que la blogosph�re qu�b�coise est encore jeune et qu�elle a besoin de la stimulation et du soutien apport�s par les � early adopters � et/ou ceux qui en comprennent bien tout le potentiel.

Dans les deux derni�res ann�es, j�ai eu l�occasion de m�entretenir avec plusieurs journalistes et m�dias se demandant comment d�marrer un blogue. La suggestion la plus importante que je pouvais leur apporter �tait la suivante: Ne publiez pas votre blogue dans l�isolement du reste de la blogosph�re. Faites des hyperliens vers d�autres sites, en dehors de votre �diteur, de votre diffuseur ou de leurs sites affili�s. Allez lire les blogueurs qui ne sont pas m�diatis�s comme vous. Ne soyez pas avares de commentaires et participez aux conversations sur leurs blogues. Vous ne r�aliserez le plein potentiel des blogues qu�� partir du moment o� vous naviguerez vous aussi parmi tous ces r�seaux plut�t que de rester ma�tre de votre solitaire one-man show.