Je suis de retour, en vie, avec tous mes morceaux. Euh non, en fait, il me manque un gros morceau. Air Canada a r�ussi � �garer nos bagages alors que nous avons pris un vol direct Halifax-Montr�al et que nous �tions arriv�s presque deux heures � l’avance � l’a�roport. Ils n’ont aucune id�e de ce qu’ils ont pu faire avec nos deux valises. G�nial.
C’est une premi�re pour Blork mais �a fait trois ou quatre fois que �a m’arrive. Je devrais en avoir l’habitude, mais j’ai quand m�me horreur de ce sentiment d’anxi�t� qui accompagne la ronde du carrousel � bagages, alors qu’on attend une valise qui n’arrive jamais. On voit tous les gens qui �taient sur le m�me vol que nous retrouver leurs sacs avec un petit cri de reconnaissance. Un � un, ils quittent tous la section des arriv�es et on reste seul � regarder le carrousel tourner, n’osant pas aller se plaindre, esp�rant encore voir la silhouette famili�re de son sac faire son entr�e th��trale soulign�e par les languettes de tissu qui brossent chacune des valises, leur offrant une caresse d’adieu.
Le triste spectacle du petit sac qui passe et repasse devant nous sans que personne ne le r�clame (il y en a toujours un ou deux) nous fait perdre espoir de retrouver un jour la fichue valise. On se met � imaginer notre pr�cieux bagage dans un autre a�roport, faisant lui aussi une ronde path�tique sur un autre carroussel, triste et abandonn�, repassant devant les yeux impatients de passagers qui n’ont d’int�r�t que pour leur propre bagage.
Demain, avec un peu de chance, nos valises feront leur chemin jusqu’� notre porte, apr�s s’�tre pay� une journ�e de vacances suppl�mentaire. Les coquines. Notre routine aura repris son cours et les deux valises, telles deux cartes postales, arriveront remplies d’effluves d’un court voyage qui nous semblera appartenir � une autre vie.